Bienvenue sur
Lande Brune
et autres MOTS EN DERIVE, jetés, éclatés, projetés devant vous, étoilés, façonnés, pensés (ou à peu près), clamés, proclamés, murmurés...
"Les mots sont des angelots qui parlent d'avenir."
Tout ceci en bref : les caprices de ma plume. Je la sors toujours quel que soit le moment, qu'il soit approprié ou non, pour noircir des pages de textes que je n'ai pas toujours le courage de
taper.
Bienvenue, Passant, dans la dérive misanthropico-poético-n'importe quoi d'une littéraire dégoûtée de ses congénères.
Le nez dans les livres, sans prétention : Bonne lecture !
le passant molesté

Lande Brune
et autres MOTS EN DERIVE, jetés, éclatés, projetés devant vous, étoilés, façonnés, pensés (ou à peu près), clamés, proclamés, murmurés...
(...)
De la fenêtre de ma chambre
J’compte les touristes sur les bateaux
J’oublie une heure que j’vis autant
Au bord du gouffre qu’au bord de l’eau
Moi j’aimerais bien pouvoir me battre
En Espagne contre des moulins
Pourvu que je sois Don Quichotte
Pourvu qu’il y ait des moulins
Sous un soleil qui vaut de l’or
Avec la mer qui campe au loin
Poussant ses vagues au creux d’un port
Très loin du Canal Saint-Martin
(...)
Je suis parfois illusionniste
Une espèce de magicien
Lorsque en hiver il fait trop froid
Je souffle doucement sur mes mains
« J’ai froid, je pleure de la neige. »
« Tokyo Montana » (Dionysos)
*******
Je songe à ce qui viendra après, à ces mille extases qui peut-être marqueront mon avènement. Comme il fait froid ! Emmitouflée, frigorifiée, mon écharpe est un gros ruban agité dans cet automne croulant. Le vent mord les fibres de mes collants.
- Tu ne m’auras pas ! Crie-je en silence.
Il redouble d’audace, s’agace, s’acharne, renonce pour revenir plus effronté. Finalement il déclare forfait, se renfrogne, va tourmenter d’autres passants enfilés dans l’anonymat des rues.
Ainsi va l’automne, hardi, venteux, tout près de donner sa reddition au
glacial hiver. Il reste encore, au bord de la paupière du ciel, d’infimes traces de soleil - c’est qu’il est tenace le
bougre. Preuve est faite que ces mois sont les plus poétiques de l’année, faits de peaux rougies et de sourires bleutés.
*******
Quand bien même je ne serai plus, il restera toujours :
Mon sourire indélébile
Mes mots pressés, empressés, qui vont trop vite
Mes rêves déçus
Mes intarissables espoirs
Mes chagrins aigre-doux
*******
Il était comme ça :
Il faisait de chaque jour le plus heureux de sa vie.
Il rit comme nous bougonnons.
Il se taisait parfois, comme pour mieux entendre les pulsations de son propre sang, comme enfermé en lui-même, comme épuisé de n’avoir pas parlé.
Il se cognait le cœur à de fades sourires qui ne le méritaient pas.
Il porte son chagrin sans même une plainte.
Il se tait à m’en fendre l’âme.
Il est comme ça…
image : E. Beart
sur un air de : Dionysos "Western sous la neige"
"Même qu'on se dit souvent
Qu'on aura une maison
Avec des tas de fenêtres
Avec presque pas de murs
Et qu'on vivra dedans
Et qui fera bon y être
Et que même si c'est pas sûr
C'est quand même peut-être..."
(Jacques Brel)
"Voilà un titre aguicheur !" t'exclames-tu tout frétillant d'alacrité (comme c'est souvent le cas pour les masses hypnotisées qui déboulent sur cette
humble page).
Donc disais-je, le titre. Je m'apprête avec la fermeté et la verve que tu me connais, cher Passant, à dénoncer la plus grande imposture de l'Histoire. J'accuse !
J'accuse les mères qui ont cru bien faire en nous parlant de LUI.
J'accuse la société au service de laquelles d'infâmes littérateurs ont composé le mensonge destiné à
faire espérer vainement les jeunes filles.
J'accuse ces mêmes jeunes filles qui Y ont cru naïvement.
J'accuse cet ignoble procédé par lequel on fait de LUI le moyen de limiter les suicides des adolescentes.
J'accuse les conteurs qui s'arrêtent à "ils se marièrent" afin d'éviter les épisodes des couches, du garagiste, de l'hypothèque et du
viagra.
Je L'accuse, LUI, d'être si parfait.
J'accuse les hommes qui ne cherchent pas à LUI ressembler.
J'accuse les hommes qui cherchent stupidement à LUI ressembler.
J'accuse l'amour d'être si détestablement belle, au point d'être indispensable, et d'être aussi exquisement amère, au point de toujours
mal finir.
J'accuse ce fichu destin qui broie tragiquement la plupart des contes.
J'accuse mes parents pour la connexion internet qui m'a donné l'opportunité de t'excéder ce soir. Mes excuses, Passant.
Voilà, j'ai fait mon devoir de citoyenne. Je viens de faire avancer à moi toute seule la pensée occidentale et l'édifice
du féminisme. Mes soeurs ! Si nous parvenons à tuer le prince charmant qui grandit insidieusement dans notre espoir, logé là par des siècles d'obscurantisme misogyne, nous serons enfin des femmes libres !
Oui, j'accuse, j'appelle, j'exhorte, je fomente !
Révélation du soir : IL n'existe pas.
Remets-toi hein... Ce n'est rien. On s'y fait trop vite. On ne s'éprend plus, on hésite, on tâtonne, on ne croit plus trop au frisson. D'aucuns disent que c'est précisément à ce moment que ça
nous "tombe dessus". Moralité : sors couverte. Cet article a en fait pour seul et unique but de booster le marché du parapluie... C'est la
crise, après tout. N'oublie pas d'acheter français.
Révolutionnairement,
Neala
sur un air de : "L'ivrogne" (J. Brel)
image : hasard du net
"Princesse de marée basse a rendu ses griffes ; n'a plus le courage de comprendre ; n'a plus le coeur à avoir raison."
(Henri Michaux, "La ralentie", Lointain intérieur)
Il était tout ce que j'aurais aimé écrire
Et son âme était sourde
Et je souffrais qu'il ne me vît pas.
********
Eternel orage, passion effilochée
Antre de ma tendresse
Dont le seuil est toujours scellé
Lumière abîmée
Dans la neige fondue
Dans l'illusion perdue
********
Eau stagnante
Lentilles d'eau sous les peupliers timides
Romances murmurées par la souche qui sèche
Cygne somnolent dans le froid tuméfié
Goutte de sang grenat dans l'éternité du doute
Chute éphémère
Aux portes de l'hiver.
image : hasard de Deviantart
sur un air de : "The end of prayer" (The running cat company)
"Ses bras ne pèsent rien. On les rencontre comme l'eau.
Ce qui est fané disparaît devant elle. Il ne reste que ses yeux,
Longues belles herbes, longues belles fleurs croissaient dans notre champ."
(Henri Michaux, Lointain intérieur)
Les yeux magnifiques de Manon s'égarèrent sur le visage du jeune homme. Le portrait qu'on lui avait remis la plongeait dans le ravissement. Il avait un visage harmonieux, un regard intelligent, un air un peu sévère mais le coin de ses lèvres était comme empreint d'un sourire doux.
**********
Que la vie soit belle !
Parce qu'il le faut.
Parce que le clocher de la basilique crève la limpidité du ciel.
Et ce monde n'a de raison d'exister que parce que je le contemple.
J'ai mille rires à répandre sur terre
avant le dernier.
Une anthologie poussiéreuse dans la main, je philosophe devant un énième verre de cidre.
Ce morceau d'horreur a parfois des faux-airs d'Eden.
**********
J'ai échappé la connaissance
Elle s'est écrasée sur le plancher gris
Elle s'est répandue en flocons distraits
J'ai vu mourir ce que je savais
Sans chagrin, sans regrets
Juste, dans l'âme, restait une douleur
Que je ne pouvais dire
Je demeure muette dans les salles instruites
Sans savoir il est inutile de parler
Sans savoir on ne vit plus
Je marche, seule,
entre les ruines...
**********
¡ Qué sea bella la vida !
Todo vuelve a existir.
Perder para ganar ; asi se juega.
No tengas miedo.
Estoy aqui para todavia algunos años, a lo mejor no me dejaran secar como una flor de otoño.
Te esperaré.
Libertad.
La unica, la magica libertad, late en el cuerpo terrestre.
Sabrosa soledad ; nunca me marcharé.
**********
Il n'était pas comme les autres (tous ces autres insipides, piqués
d'affèteries sans élégance), il ne rentrerait pas dans des jeux subtils et sentimentaux. Il resterait
droit, le sourcil sévère, les yeux sombres et brillants d'intelligence.
Elle musela son inclination, s'accomoda d'un vague respect et d'une
sympathie empressée, afin de ne pas ressentir de peine au contact de l'avenir ; toujours brûlant, toujours glacé.
Elle eut simplement la terrible certitude que si les choses avaient été différentes, si le monde l'avait voulu, elle l'aurait aimé, de ces amours radieuses qui consument une vie
entière..
image : Natsuki
sur un air de : Bach
"Quand la bise soufflait dans la porte entr'ouverte,
On entendait de loin comme un soupir humain"
(Alfred de Musset, La nuit d'Octobre)
Armand aurait aimé dire à Sibylle : "Mène-moi jusqu'à toi, jusqu'à tes élégances dont je ne me rassasie pas, jusqu'à tes
beautés qui n'ont pas d'égal. Ne m'oublie pas, mon ange, ma douleur, ma raison de sangloter. Tu déchires mes illusions et mes certitudes, tu les assembles en
rubans torsadés, tu les broies, et chaque geste de toi est perfection.
Toutes ces muses imparfaites qui tapissent nos canons sont si ternes. Tu souris et le soleil est affadi.
Aux temps antiques, le roi des dieux lui-même n'aurait pas osé s'approcher de toi, et, comme tous les autres, il aurait usé son coeur en te contemplant de loin..."
*********
"Partons damnés en lambeaux de souvenirs
Qui flottent, tristes drapeaux, au ciel de mon empire"
(Saez)
*********
Passe ton chemin, ne t'attarde pas dans l'affliction.
Oui, dans ma contrée l'amour est morte avec l'été.
La peine bourgeonne en automne, et l'on s'attriste de voir les feuilles tomber.
Passant, ne t'en fais pas pour moi : l'été revient toujours.
Rassure-toi, des sourires s'égarent sur mon visage. La joie est jalouse de
moi.
image : La plus belle fleur au monde... Deux florescences. Bleue, mauve, parme, blanche...
Je crois avoir un jour écrit que la vie est une grappe de glycine
sur un air de : "Tango" (D. Saez)
« J’ai promené mon p’tit cœur
De salle d’attente en salle d’attente
Et de psychologues en docteurs
En décrivant mon mal de ventre.
Le diagnostique fatal
Je l’ai eu d’une vieille dame
Dans le portique d’un hôpital
Que c’était simplement le mal de l’âme…
Elle m’a dit « vas-y pleures,
T’as tous les droits d’être en colère
C’est tout ce qu’il te reste à faire
Quand ton âme change de couleur. »
Elle m’a fait un clin d’œil
Elle est sorti maladroitement
Recroquevillée dans son fauteuil
Et j’ai pleuré comme un enfant
Je sais maintenant la douleur que ça cause
Quand la vie broie les petites âmes roses
Maintenant la terre entière me terrorise
Quand je promène ma petite âme grise. »
"Les myrthes ont des fleurs, les cyprès ont des fruits
Bonheur ô braconnier tends tes pièges de toile
Les cyrpès ont des fruits qui démentent la nuit
Les myrthes ont des fleurs qui parlent des étoiles."
(Aragon)
**********
La la la...
Ma jupe à volants intrigue le vent d'ouest.
Presque blanche à la ceinture, ponceau sous le genou, elle fait de moi une étrange poupée dans le vert du Quercy. Comme
une figure de porcelaine dans un décor en tissu. Comme un bourgeon de chèvrefeuille dans la glycine.
Mes mains, courtes, un peu frippées par ma douche, sont parcourues de fines estafilades écarlates. (Voilà qui m'apprendra à nourrir au biberon des
chatons orphelins !)
Mes cheveux, mouillés, alourdis, exaspèrent le vent.
Le soleil est un vieillard dont je saisis la main osseuse. Quand il parle de sa jeunesse, des larmes de
feu lui montent aux yeux. Il songe qu'il a aimé les nymphes, et sur sa lyre d'or qu'il ne sait plus manier sans
trembler, restent les vestiges de sa beauté.
**********
"j'entre à pieds-joints dans mon eau parfumée
j'ai pris le temps de me mouiller pour ne pas me noyer
je laisse laisse aller ma tête à l'envers
un peu de couleur salée aller dans la mer
les bulles de savon restent dans l'air
les boules de citron m'exaspèrent "
(Superbus)
image : hasard du net
sur un air de : "ça mousse" (Superbus)