Mots en Dérive

 

Présentation

"Les mots sont des angelots qui parlent d'avenir."
Tout ceci en bref : les caprices de ma plume. Je la sors toujours quel que soit le moment, qu'il soit approprié ou non, pour noircir des pages de textes que je n'ai pas toujours le courage de taper.
Bienvenue, Passant, dans la dérive misanthropico-poético-n'importe quoi d'une littéraire dégoûtée de ses congénères.
Le nez dans les livres, sans prétention : Bonne lecture !

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Mots laissants sans mollesse

le passant molesté



 

Bienvenue sur

Lande Brune

et autres MOTS EN DERIVE, jetés, éclatés, projetés devant vous, étoilés, façonnés, pensés (ou à peu près), clamés, proclamés, murmurés...

Dimanche 15 novembre 2009



(...)

De la fenêtre de ma chambre
J’compte les touristes sur les bateaux
J’oublie une heure que j’vis autant
Au bord du gouffre qu’au bord de l’eau

Moi j’aimerais bien pouvoir me battre
En Espagne contre des moulins
Pourvu que je sois Don Quichotte
Pourvu qu’il y ait des moulins
Sous un soleil qui vaut de l’or
Avec la mer qui campe au loin
Poussant ses vagues au creux d’un port
Très loin du Canal Saint-Martin

(...)

Je suis parfois illusionniste
Une espèce de magicien
Lorsque en hiver il fait trop froid
Je souffle doucement sur mes mains








Par Neala - Publié dans : Textes d'auteurs : les Grands - Communauté : Poé-vie
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Lundi 9 novembre 2009



« J’ai froid, je pleure de la neige. »

« Tokyo Montana » (Dionysos)

 


*******

 


Je songe à ce qui viendra après, à ces mille extases qui peut-être marqueront mon avènement. Comme il fait froid ! Emmitouflée, frigorifiée, mon écharpe est un gros ruban agité dans cet automne croulant. Le vent mord les fibres de mes collants.

- Tu ne m’auras pas ! Crie-je en silence.

Il redouble d’audace, s’agace, s’acharne, renonce pour revenir plus effronté. Finalement il déclare forfait, se renfrogne, va tourmenter d’autres passants enfilés dans l’anonymat des rues.

Ainsi va l’automne, hardi, venteux, tout près de donner sa reddition au glacial hiver. Il reste encore, au bord de la paupière du ciel, d’infimes traces de soleil - c’est qu’il est tenace le bougre. Preuve est faite que ces mois sont les plus poétiques de l’année, faits de peaux rougies et de sourires bleutés.

 


*******

 


Quand bien même je ne serai plus, il restera toujours :

Mon sourire indélébile

Mes mots pressés, empressés, qui vont trop vite

Mes rêves déçus

Mes intarissables espoirs

Mes chagrins aigre-doux

 


*******

 


Il était comme ça :

Il faisait de chaque jour le plus heureux de sa vie.

Il rit comme nous bougonnons.

Il se taisait parfois, comme pour mieux entendre les pulsations de son propre sang, comme enfermé en lui-même, comme épuisé de n’avoir pas parlé.

Il se cognait le cœur à de fades sourires qui ne le méritaient pas.

Il porte son chagrin sans même une plainte.

Il se tait à m’en fendre l’âme.

Il est comme ça…

 

 

 


image : E. Beart
sur un air de : Dionysos "Western sous la neige" 

Par Neala - Publié dans : Le quotidien - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Mercredi 4 novembre 2009



"Même qu'on se dit souvent
Qu'on aura une maison
Avec des tas de fenêtres
Avec presque pas de murs
Et qu'on vivra dedans
Et qui fera bon y être
Et que même si c'est pas sûr
C'est quand même peut-être..."
(Jacques Brel)






"Voilà un titre aguicheur !" t'exclames-tu tout frétillant d'alacrité (comme c'est souvent le cas pour les masses hypnotisées qui déboulent sur cette humble page).
Donc disais-je, le titre. Je m'apprête avec la fermeté et la verve que tu me connais, cher Passant, à dénoncer la plus grande imposture de l'Histoire. J'accuse !

J'accuse les mères qui ont cru bien faire en nous parlant de LUI.

J'accuse la société au service de laquelles d'infâmes littérateurs ont composé le mensonge destiné à faire espérer vainement les jeunes filles.

J'accuse ces mêmes jeunes filles qui  Y ont cru naïvement.

J'accuse cet ignoble procédé par lequel on fait de LUI le moyen de limiter les suicides des adolescentes.

 J'accuse les conteurs qui s'arrêtent à "ils se marièrent" afin d'éviter les épisodes des couches, du garagiste, de l'hypothèque et du viagra.

Je L'accuse, LUI, d'être si parfait
.

J'accuse les hommes qui ne cherchent pas à LUI ressembler.

J'accuse les hommes qui cherchent stupidement à LUI ressembler.

J'accuse l'amour d'être si détestablement belle, au point d'être indispensable, et d'être aussi exquisement amère, au point de toujours mal finir.

J'accuse ce fichu destin qui broie tragiquement la plupart des contes.

J'accuse mes parents pour la connexion internet qui m'a donné l'opportunité de t'excéder ce soir. Mes excuses, Passant.

Voilà, j'ai fait mon devoir de citoyenne. Je viens de faire avancer à moi toute seule la pensée occidentale et l'édifice du féminisme. Mes soeurs ! Si nous parvenons à tuer le prince charmant qui grandit insidieusement dans notre espoir, logé là par des siècles d'obscurantisme misogyne, nous serons enfin des femmes libres !
Oui, j'accuse, j'appelle, j'exhorte, je fomente !

Révélation du soir : IL n'existe pas.
Remets-toi hein... Ce n'est rien. On s'y fait trop vite. On ne s'éprend plus, on hésite, on tâtonne, on ne croit plus trop au frisson. D'aucuns disent que c'est précisément à ce moment que ça nous "tombe dessus". Moralité : sors couverte. Cet article a en fait pour seul et unique but de booster le marché du parapluie... C'est la crise, après tout. N'oublie pas d'acheter français.

Révolutionnairement,
 Neala



sur un air de : "L'ivrogne" (J. Brel)
image : hasard du net

Par Neala - Publié dans : Journal de bord - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Lundi 26 octobre 2009



"Princesse de marée basse a rendu ses griffes ; n'a plus le courage de comprendre ; n'a plus le coeur à avoir raison."
(Henri Michaux, "La ralentie", Lointain intérieur)





Il était tout ce que j'aurais aimé écrire
Et son âme était sourde
Et je souffrais qu'il ne me vît pas.

********

Eternel orage, passion effilochée
 Antre de ma tendresse
 Dont le seuil est toujours scellé

Lumière abîmée
Dans la neige fondue
Dans l'illusion perdue

********

Eau stagnante
Lentilles d'eau sous les peupliers timides
Romances murmurées par la souche qui sèche
Cygne somnolent dans le froid tuméfié
Goutte de sang grenat dans l'éternité du doute
Chute éphémère
Aux portes de l'hiver.






image : hasard de Deviantart
sur un air de : "The end of prayer" (The running cat company)


Par Neala - Publié dans : Pôôôétique : Lande brune et Murmureuse - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Dimanche 18 octobre 2009


Ne pas oublier que :


- Hier ne nous connaissait pas

- Demain se passera de nous






image : Delphine Gache
sur un air de : "Le vent nous portera" (Noir Désir)

Par Neala - Publié dans : Journal de bord - Communauté : Poé-vie
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Vendredi 16 octobre 2009



"Ses bras ne pèsent rien. On les rencontre comme l'eau.
Ce qui est fané disparaît devant elle. Il ne reste que ses yeux,
Longues belles herbes, longues belles fleurs croissaient dans notre champ."
(Henri Michaux, Lointain intérieur)



Les yeux magnifiques de Manon s'égarèrent sur le visage du jeune homme. Le portrait qu'on lui avait remis la plongeait dans le ravissement. Il avait un visage harmonieux, un regard intelligent, un air un peu sévère mais le coin de ses lèvres était comme empreint d'un sourire doux.

**********
Que la vie soit belle !
Parce qu'il le faut.
Parce que le clocher de la basilique crève la limpidité du ciel.
Et ce monde n'a de raison d'exister que parce que je le contemple.
J'ai mille rires à répandre sur terre
avant le dernier.
Une anthologie poussiéreuse dans la main, je philosophe devant un énième verre de cidre.
Ce morceau d'horreur a parfois des faux-airs d'Eden.

**********

J'ai échappé la connaissance
       Elle s'est écrasée sur le plancher gris
       Elle s'est répandue en flocons distraits
J'ai vu mourir ce que je savais
       Sans chagrin, sans regrets
       Juste, dans l'âme, restait une douleur
       Que je ne pouvais dire
Je demeure muette dans les salles instruites
       Sans savoir il est inutile de parler
       Sans savoir on ne vit plus
Je marche, seule,
                                      entre les ruines...

**********

¡ Qué sea bella la vida !
Todo vuelve a existir.
Perder para ganar ; asi se juega.
No tengas miedo.
Estoy aqui para todavia algunos años, a lo mejor no me dejaran secar como una flor de otoño.
Te esperaré.
Libertad.
La unica, la magica libertad, late en el cuerpo terrestre.
Sabrosa soledad ; nunca me marcharé.

**********

Il n'était pas comme les autres (tous ces autres insipides, piqués d'affèteries sans élégance), il ne rentrerait pas dans des jeux subtils et sentimentaux. Il resterait droit, le sourcil sévère, les yeux sombres et brillants d'intelligence.
Elle musela son inclination, s'accomoda d'un vague respect et d'une sympathie empressée, afin de ne pas ressentir de peine au contact de l'avenir ; toujours brûlant, toujours glacé.
Elle eut simplement la terrible certitude que si les choses avaient été différentes, si le monde l'avait voulu, elle l'aurait aimé, de ces amours radieuses qui consument une vie entière..



image : Natsuki
sur un air de : Bach


Par Neala - Publié dans : Pôôôétique : Lande brune et Murmureuse - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Samedi 10 octobre 2009



"Quand la bise soufflait dans la porte entr'ouverte,
On entendait de loin comme un soupir humain"

(Alfred de Musset, La nuit d'Octobre)




Armand aurait aimé dire à Sibylle : "Mène-moi jusqu'à toi, jusqu'à tes élégances dont je ne me rassasie pas, jusqu'à tes beautés qui n'ont pas d'égal. Ne m'oublie pas, mon ange, ma douleur, ma raison de sangloter. Tu déchires mes illusions et mes certitudes, tu les assembles en rubans torsadés, tu les broies, et chaque geste de toi est perfection.
Toutes ces muses imparfaites qui tapissent nos canons sont si ternes. Tu souris et le soleil est affadi.
Aux temps antiques, le roi des dieux lui-même n'aurait pas osé s'approcher de toi, et, comme tous les autres, il aurait usé son coeur en te contemplant de loin..."

*********

"Partons damnés en lambeaux de souvenirs
Qui flottent, tristes drapeaux, au ciel de mon empire"
(Saez)

*********

Passe ton chemin, ne t'attarde pas dans l'affliction.
Oui, dans ma contrée l'amour est morte avec l'été.
La peine bourgeonne en automne, et l'on s'attriste de voir les feuilles tomber.
Passant, ne t'en fais pas pour moi : l'été revient toujours.
Rassure-toi, des sourires s'égarent sur mon visage. La joie est jalouse de moi.





image : La plus belle fleur au monde... Deux florescences. Bleue, mauve, parme, blanche...
Je crois avoir un jour écrit que la vie est une grappe de glycine
sur un air de : "Tango" (D. Saez)



Par Neala - Publié dans : Le quotidien - Communauté : L'âme du poète
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Vendredi 9 octobre 2009



« J’ai promené mon p’tit cœur

De salle d’attente en salle d’attente

Et de psychologues en docteurs

En décrivant mon mal de ventre.


Le diagnostique fatal

Je l’ai eu d’une vieille dame

Dans le portique d’un hôpital

Que c’était simplement le mal de l’âme…


Elle m’a dit « vas-y pleures,

T’as tous les droits d’être en colère

C’est tout ce qu’il te reste à faire

Quand ton âme change de couleur. »


Elle m’a fait un clin d’œil

Elle est sorti maladroitement

Recroquevillée dans son fauteuil

Et j’ai pleuré comme un enfant


Je sais maintenant la douleur que ça cause

Quand la vie broie les petites âmes roses

Maintenant la terre entière me terrorise

Quand je promène ma petite âme grise. »








Par Neala - Publié dans : Textes d'auteurs : les Grands - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Dimanche 27 septembre 2009

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"Les myrthes ont des fleurs, les cyprès ont des fruits
Bonheur ô braconnier tends tes pièges de toile
Les cyrpès ont des fruits qui démentent la nuit
Les myrthes ont des fleurs qui parlent des étoiles."

(Aragon)

**********

La la la...
Ma jupe à volants intrigue le vent d'ouest.
Presque blanche à la ceinture, ponceau sous le genou, elle fait de moi une étrange poupée dans le vert du Quercy. Comme une figure de porcelaine dans un décor en tissu. Comme un bourgeon de chèvrefeuille dans la glycine.
Mes mains, courtes, un peu frippées par ma douche, sont parcourues de fines estafilades écarlates. (Voilà qui m'apprendra à nourrir au biberon des chatons orphelins !)
Mes cheveux, mouillés, alourdis, exaspèrent le vent.
Le soleil est un vieillard dont je saisis la main osseuse. Quand il parle de sa jeunesse, des larmes de feu lui montent aux yeux. Il songe qu'il a aimé les nymphes, et sur sa lyre d'or qu'il ne sait plus manier sans trembler, restent les vestiges de sa beauté.


**********

"j'entre à pieds-joints dans mon eau parfumée
j'ai pris le temps de me mouiller pour ne pas me noyer
je laisse laisse aller ma tête à l'envers
un peu de couleur salée aller dans la mer
les bulles de savon restent dans l'air
les boules de citron m'exaspèrent "

(Superbus)



image : hasard du net
sur un air de : "ça mousse" (Superbus)


Par Neala - Publié dans : Le quotidien - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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"Car le mot, qu'on le sache, est un être vivant."
(Victor Hugo)

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